La Tour CHAPPE

 

La Tour CHAPPE 

La tour Chappe ouvre au public sa saison 2015, le dimanche 5 avril de 14h à17h.
Visite guidée de la Tour et de la salle d’exposition rénovée.
L’ouverture au public a lieu le premier dimanche de chaque mois d’avril à septembre inclus de 14h à17h. Pour les groupes prendre rendez-vous au 09 54 15 79 14 ou au 06 88 73 94 55.”

Claude Chappe a conçu et mis au point son invention, après un long travail de perfectionnement, entre 1791 et 1793. Après avoir essayé un système de volet escamotable, d’abord unique, puis multiples (qui inspireront plusieurs systèmes étrangers, suédois et anglais notamment), il choisit un appareil composé de pièces allongées qui placées selon des angles divers se révèlent plus visibles.

Un premier modèle sera mis en service sur la ligne initiale Paris-Lille en 1794. Il est connu (imparfaitement) sous le nom de système de Lille.

Un second, légèrement modifié, sera employé en 1798 sur les lignes de Brest et de Strasbourg dont il prendra le nom.

Un troisième modèle, comportant quelques changements, sera mis au point, puis entrera en service sur la ligne Paris-Lyon Milan vers 1805, c’est celui qui durera le plus longtemps et sera celui employé ici sur la ligne de Bayonne. C’est ce type d’appareil appelé système de Milan qui est installé à Baccon.

Rappel de l’arrivée du télégraphe en France

Il en fait constater la réussite par des expériences publiques en mars 1791, entre Brûlon et Parce. Fort de ce premier succès, il vient à Paris où il poursuit ses essais. Son frère aine ayant été nommé député à l’Assemblée Législative, il propose de faire don à la Nation de son invention (laquelle prend peu après le nom de télégraphe). Au terme de quatre années d’un travail acharné, parsemé d’innombrables difficultés, son appareil a pris à peu près sa forme définitive.

Avec l’appui de Lakanal et après des essais concluants le 12 juillet 1793, il reçoit du gouvernement l’ordre de construire une première ligne entre Paris et Lille. Il réalise ensuite les liaisons Paris-Strasbourg, Paris-Brest, commence Paris -Milan et meurt en 1805.

Au milieu de difficultés inouïes, dans une période mouvementée, il a réussit à rendre fonctionnel un système totalement inédit qui perdurera après lui.

Bien que Claude Chappe ait offert son invention au gouvernement, le fonctionnement pratique restera l’apanage de la famille jusqu’en 1830, au travers de tous les régimes. En 1830, Abraham ne se trouvant pas à Paris, c’est René Chappe, le moins doué qui, par malchance était là. Il ne sut pas “flairer” le bon vent et refusa de prêter serment à Louis-Philippe. Il fut le responsable de l’éjection de la famille de la Direction des télégraphes.

 Premier système de communication qui fonctionne sans transmission de document  mais par  signaux. C’est le précurseur de notre internet.

 La station de BACCON

 Cette station, est la quinzième de la ligne de télégraphie aérienne Paris-Bayonne qui en comptait 110 au total. Cette ligne a été rapidement construite entre novembre 1822 et mars 1823, en vue d’une intervention militaire française en Espagne; intervention décidée par les puissances de la Sainte Alliance au congrès de Vérone, dans le but de rétablir sur son trône le roi Ferdinand VII chassé par ses sujets. La ligne est mise en service le 8 avril 1823 et la section Paris-Tours a fonctionné jusqu’ en 1850.

 Exécutés par des entreprises locales, les travaux d’édification des bâtiments sont dirigés par l’inspecteur Prévost (qui deviendra par la suite directeur à Tours) et la réalisation de l’ensemble de la ligne supervisée par Abraham Chappe, le plus jeune frère de l’inventeur.

 Si l’appareil est fabriqué à Paris et amené à Baccon par roulage (transport hippomobile à grande distance), la maçonnerie, la charpente, le mât – montant et les portes et fenêtres sont exécutés par des entrepreneurs locaux, dont on ignore l’identité. Quels qu’ils soient, tous ces gens ont du faire diligence car les reconnaissances de sites (et les commandes) sont effectuées en fin novembre 1822, à la plus mauvaise saison. Par une correspondance du maire de Séris de la même époque, l’on sait néanmoins que le gel (qui affermit le sol) facilite le charroi des matériaux pour l’approvisionnement des chantiers qui, hors Baccon, sont souvent très à l’écart des agglomérations.

 Le bâtiment de Baccon, du type pyramidal, est l’un des plus hauts de la ligne, possédant au moins quatre étages. Une étroite galerie de planches ceinture la couverture au niveau du plancher de la salle de manipulation situé à 13,70 m du sol, ce qui place l’extrémité du régulateur (au fermé vertical) à plus de 23 m de hauteur, c’est à dire à peu près au niveau du sommet du clocher actuel.

Il comporte une cheminée au rez-de-chaussée, mais dont le conduit débouche sur un mur latéral à mi-hauteur de la tour, pour que les fumées ne gênent pas la Vue des signaux. Ce foyer sert surtout à préparer le repas des employés, il est probable qu’un petit poêle réchauffe un tant soit peu la salle de manipulation sous les toits.

La tour de Baccon est particulière par sa hauteur (4 étages desservis par des échelles, les étages servent de stockage de matériel pour la maintenance de Baccon et de ses voisines).

 Des Détails sur la tour de Baccon

C’est un bâtiment communal restauré en 2001; financement par région, département et commune.Cette restauration a été suscitée par l’Association pour la Recherche Historique des télécoms (ARH centre).

 C’est une tour rescapée : plus  de 500 ont été construites en France; il en reste environ 10.

D’abord utilisée à des fins militaires, puis administratives.

 Reconstruite à l’identique sauf le mécanisme qui est métallique et fixe.

 Caractéristiques de la Tour :

•             Hauteur maçonnerie :                  10,60 m

•             Sortie de charpente :                   14,00 m

•             Mat :                                           7,50 m

•             Régulateur :                                  4,66 m

•             Indicateur :                                  1,95 m

•             Poids du mécanisme : 750 kg  posé le 28 mars 2004. (financement Mécènentreprise)

•             hauteur totale mécanisme quand entièrement vertical 25 m

 Détails supplémentaires

Les tours sont construites  tous les 7 à 8 km environ, sur les hauteurs et loin des cours d’eau. Le système est constitué d’un mât fixe, d’un régulateur et de 2 indicateurs qui sont mobiles indépendamment les uns des autres.

De l’extérieur on peut voir les 2 boites à lunettes (vers Bucy, vers Cravant) ainsi que l’échelle d’accès au mat, régulateur, indicateurs et poulies.

 Fonctionne toute la journée sauf en cas de non visibilité (brouillard, neige, pluie..) et par grand vent (stabilité du système qui doit alors être bloqué pour éviter la casse comme pour les ailes des moulins à vent).

A la construction de la tour le clocher de l’église était moins haut.

 Au 3ème étage

On peut voir une maquette à l’échelle 1/5. Rappelons qu’à l’origine le mécanisme était en chêne. Le stationnaire ne voit pas le mécanisme sur le toit, mais la position des manettes = position du mécanisme. Il est situé au niveau de la charpente. Les boites à lunettes sont très visibles de l’intérieur. La porte de sortie sur la coursive permet d’accéder au mécanisme par l’échelle posée sur le toit.

Par beau temps on voit les tours de la cathédrale d’Orléans.

 Les télégraphiers ou stationnaires

Les deux employés que l’on nomme souvent “télégraphiers” dans les campagnes, sont appelés “stationnaires”. L’un d’eux commence son service un quart d’heure avant le lever du soleil et transmet jusqu’à midi, le second le remplace, travaille jusqu’à la nuit et s’arrête un quart d’heure après le coucher du soleil. Pour éviter un trajet de nuit, celui qui termine la journée couche au poste et reprend le travail le lendemain matin. Les stationnaires travaillent 7 jours sur 7, sans fêtes ni dimanches; le règlement est draconien, les moindres fautes sont sanctionnées par des retenues sur leur maigre salaire, 1 franc 25 d’abord, puis 1 franc 50 par jour à partir de 1840.

 La ligne de Bayonne cesse de fonctionner à la fin de 1850. L’appareil a du être démonté peu après, mais l’on ne sait rien de l’histoire de la tour, de son abandon, de ses dégradations progressives (dont un incendie), de son acquisition par la municipalité, jusqu’à l’époque de sa transformation en château d’eau. A cette date le sommet de la maçonnerie en très mauvais état est arasé et garni d’un couronnement en béton à 10,60 m du sol. C’est sur cet appui qu’a été posé la nouvelle toiture, conforme à celle de l’époque, hormis les boites à lunettes.

 Même si cette station n’a pas retrouvé exactement son allure d’origine, les travaux de restauration entrepris par la commune auront contribués à sauvegarder ce témoin du début des télécommunications (Voir les éléments mis en place sur ce site montrant le déroulement de la restauration par le texte et l’image).

 Un grand merci à la municipalité de Baccon pour ses efforts.